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Après le résultat des élections législatives, l'exécutif est longtemps resté silencieux sur l'avenir de la réforme des retraites, promise à l'été 2023. Dans son discours de politique générale le 6 juillet, la Première ministre a confirmé qu'elle aurait bien lieu.

Les discussions sur ce sujet brûlant vont bientôt commencer. Dans le cadre des rencontres économiques d'Aix-En-Provence, qui se sont tenues le week-end dernier, la Première ministre Elisabeth Borne a annoncé que les négociations commenceraient dès la rentrée. Les syndicats sont toujours aussi hostiles à ce projet, et deux d'entre eux, Sud et la CGT, ont déposé un préavis de grève pour le 29 septembre, tandis que chez les politiques, la France Insoumise envisage une grande marche pour le pouvoir d'achat à la rentrée.

Notre système a besoin d'une réforme des retraites", confirmait déjà la Première ministre lors de son discours de politique générale devant l'Assemblée Nationale mercredi 6 juillet dans l'après-midi. Elle a cependant précisé que cette réforme devrait être différenciée, prendre en compte la pénibilité et favoriser l'emploi des seniors. Selon la cheffe de l'exécutif, cette reforme se fera "en concertation avec les partenaires sociaux en associant les parlementaires le plus en amont possible. Elle n'est pas ficelée, elle n'est pas à prendre ou à laisser, mais elle est indispensable".

Un cap qui ressemble aux récentes déclarations du Medef à ce sujet. Le principal syndicat patronal affirmait aujourd'hui même sur BFM Business, par l'intermédiaire de sa vice-présidente et porte-parole, Dominique Carlac'h, que la réforme restait indispensable mais qu'il "serait "idiot" de faire "une loi pour tout le monde" qui ne "tiendrait pas compte de la situation de certaines catégories de travailleurs" qui sont "fatigués, usés par des métiers qui sont durs". Et elle ajoutait : "Côté patronal, il va falloir qu'on fasse des gros efforts sur une chose, qui est l'emploi des seniors. Aujourd'hui, c'est l'angle mort". Le sujet devrait donc être discuté avec syndicats à la rentrée, après la publication annuelle du Conseil d'orientation des retraites (COR).

 

Le gouvernement refuse d'enterrer la réforme des retraites avant même qu'elle ne soit discutée, et la Première ministre a confirmé qu'elle aurait bien lieu. Mais avec une majorité relative à l'Assemblée nationale, l'exécutif doit désormais composer : négocier au cas par cas avec l'opposition ou négocier une coalition. Lors d'une allocution télévisée, le président de la République a appelé les formations d'opposition à "clarifier" leur position dans les 48 heures. Emmanuel Macron a encore confirmé que, "dès cet été", il faudra prendre "une loi pour le pouvoir d'achat et pour que le travail paie mieux, les premières décisions pour aller vers le plein emploi, des choix forts sur l'énergie et le climat, des mesures d'urgence pour notre santé, qu'il s'agisse de notre hôpital ou de l'épidémie". En revanche, nulle mention à ce moment-là du dossier explosif des retraites, qui contient notamment une mesure de recul de l'âge légal de départ, unanimement rejetée par la gauche. 

Le président de la République souhaite notamment le recul de l'âge légal de départ à la retraite à 65 ans. 

Pour justifier ce projet, l'exécutif s'appuie sur les projections du Conseil d'orientation des retraites (COR). Ce dernier chiffre entre 9 et 11 milliards d'euros le déficit des retraites d'ici à 2027. Il pourrait même atteindre 16 milliards d'euros en 2032. Initialement prévu pour le mois de juin, le rapport annuel du COR sera finalement publié à la rentrée, le gouvernement n'ayant pas encore envoyé ses prévisions macroéconomiques, en raison des échéances électorales. 

Que propose Emmanuel Macron sur la réforme des retraites ?

Dans son projet, le président sortant avait fait part de son intention de repousser l'âge légal de départ à la retraite à 65 ans, tout en prenant en compte la pénibilité des carrières. Lundi dernier, il s'est dit prêt à évoluer sur cette question. La réforme pourrait s'arrêter avant 2030, l'échéance annoncée jusqu'ici pour porter progressivement l'âge de départ à 65 ans. Elle pourrait s'arrêter en 2027 et donc se limiter à un âge de départ à 64 ans, a-t-il expliqué. Emmanuel Macron a promis une clause de revoyure à la fin de son éventuel second quinquennat.

"On ne peut pas dire le dimanche soir 'je veux rassembler' et quand on va écouter les gens dire 'je ne bouge pas'. Les 65 ans ne sont pas un dogme", a-t-il martelé. "J'ouvre la porte très clairement" à un âge de départ à 64 ans. Peut-être que s'il y a trop de tensions, il faut s'arrêter en 2027, et ne pas préempter la suite". Le président de la République désire supprimer les régimes spéciaux pour les nouveaux entrants à la RATP et au sein des industries électriques et gazières (IEG). Enfin, il désire instaurer un minimum de pension de retraite de 1 100 euros pour une carrière complète.

Emmanuel Macron avait promis, s'il était réélu, "d'indexer les retraites sur l'inflation dès cet été" . Objectif affiché, tenir compte des prix, qui ont bondi ces dernières semaines en raison de la guerre en Ukraine. Il a également fait part de son intention de réformer les retraites dès l'automne. "Pour les retraites, il y aura une phase de concertation avec les partenaires sociaux. Mais le mandat est clair (...) ce doit être dès l'automne prochain", a-t-il assuré.

Source : Pauline Chateau, journaldunet.com

Tag(s) : #France